Randonnée sur le plateau du Gris

Dimanche dernier pour la randonnée mensuelle, nous étions une bonne demi-douzaine. Pas terrible, direz-vous. Ok, mais quand on sait que le CADA est de plus en plus vide et que les trois Afghans qui nous ont accompagnés constituent presque la moitié des résidents qui sont encore sur site, ce n'est pas si mal. Du côté bénévoles, vu que certains — et les meilleurs — ont cru bon d'aller visiter les volcans en Italie, nous n'étions au départ de Blesle que trois, dont Lionel, que nous avons failli rater, puisqu'ayant vu l'annonce sur le journal, il nous attendait à Blesle au lieu de rendez-vous que, dépités comme nous étions Marie-Claude et moi, nous avons complètement zappé. Heureusement, Lionel nous voyant passer sans nous arrêter, nous a rejoint un peu plus loin.

Donc Marie-Claude, Lionel,  MBS, W, T et moi-même. Je vous vois venir: si on compte bien, ça fait six. Donc une demi-douzaine, pas une bonne demi-douzaine!. Ah ah, mais c'est sans compter que Nathalie, qui habite plus haut à Autrac, devait nous rejoindre un peu plus loin, à la Croix d'Encol. Et c'est là que la demi-douzaine devait devenir une bonne demi-douzaine.  

La montée de Blesle vers Chadecol est assez rude. Marie-Claude, grande marcheuse, qui avait organisé cette randonnée, avait fait l'avant-veille, lors d'une autre randonnée dans le Sancy, une grosse chute qui lui avait laissé bleus et contusions sur tout le corps. Mais elle avait tenu à ne pas annuler notre balade de ce dimanche. Pour respecter son engagement d'abord, mais aussi parce que, d'après elle, le meilleur moyen de se remettre de ses contusions est de continuer à marcher et non de rester dans son lit bien au chaud. S'il fallait une maxime, ce serait: "Qui se couche contusionné et mal en point ne se relève qu'en juin".

C'est pourquoi dans la montée, le groupe s'est peu à peu effiloché. Marie-Claude, qui d'habitude mène bravement la troupe, cette fois, cernée de courbatures et de douleurs, s'est laissée distancer. Lionel, bienveillant, est resté en queue de peloton pour l'accompagner alors que les jeunes et fringants afghans et moi-même, moins jeune et fringant, caracolions en tête.

Arrivés à Chadecol, avant de prendre le chemin qui mène à la Croix d'Encol, nous avons contourné une fermette dans la cour de laquelle une vache solitaire semblait monter la garde. Elle est là, tous les jours, paraît-il. Une bonne solution pour remplacer le chien de garde.

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Une vache au milieu de la cour pour garder la maison.

Plus loin, arrivés au lieu de rendez-vous, à la croix d'Encol, grosse déception, pas de Nathalie...
Et personne à l'horizon.  Nous ne voyions rien que le soleil qui poudroyait et l'herbe qui verdoyait. 

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À la Croix d'Encol, juste une croix, pas de Nathalie

Ne se décourageant pas, la demi-douzaine de randonneurs a continué et a entamé la montée sur le plateau du Gris (837m) sous le regard intrigué de vaches paisibles (à chaque fois que je les croise sur les chemins de randonnée, je me demande quel adjectif leur sied le mieux: placide, impassible, débonnaire, bonasse, impavide, pacifique, etc.)

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De pacifiques bovins, mais pas de Nathalie

La montée vers le Gris est longue et assez raide. On commence à comprendre que Nathalie, plutôt que descendre du plateau du Gris à la Croix d'Encol pour aussitôt remonter au Gris avec nous, a sans doute voulu s'épargner cette fatigue inutile.
En effet une fois sur le plateau, nous avons aperçu une silhouette à l'horizon (pourquoi les silhouettes sont toujours à l'horizon?) nous faisant de grands signes.

C'était bien elle. Et nous avons pu rejouer la fameuse scène de "Doctor Nathalie I presume ?".

Et c'est là, mieux vaut tard que jamais, que nous sommes devenus une bonne demi-douzaine. 

Après ces retrouvailles émouvantes, nous avons continué sur le plateau et redescendu vers le village de Bressoles, où nous avons vu des ânes, fait un arrêt à la fontaine, au lavoir et visité le four banal. Puis traversé le haut de la vallée du ruisseau de Pradelles pour remonter jusqu'au Château du Bos et entamé la descente vers Blesle en suivant le ruisseau du Bos.

Dans cette descente au milieu des sous-bois, nous sommes passés à l'endroit une Blesloise d'adoption, Kristin Pickery*, d'origine flamande et qui œuvrait à Blesle comme antiquaire, a succombé aux piqures de frelons le 6 octobre dernier. Des stèles, des fleurs et des objets variés avec leur symbolique propre marquent l'endroit.

Plus bas, le ruisseau du Bos se joint au ruisseau du Merdan et en prend le nom — de même que le bois qu'il traverse: le Bois de Merdan — et arrive à Blesle dans le petit et charmant quartier de la rue des Vignes.

C'est ce même Merdan qui traverse Blesle pour se jeter dans la Voireuse. Il passe sous notre maison aux volets bleus.
J'ai une interprétation toute personnelle  — ou bien l'ai-je entendu je ne sais où —, sur l'étymologie du nom de  ce ruisseau: au moyen-âge les eaux noires et autres matières excrémentielles étaient évacuées directement des maisons situées au bord du fossé où passe ce ruisseau. Mais je n'en ai trouvé aucune preuve, ne propagez pas cette fake-news.

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Le goûter chez Nathalie

La randonnée finie, nous avons raccompagné Nathalie chez elle à Montmoirat d'Autrac et — ceci n'ayant rien à voir avec le paragraphe précédent — nous avons fait chez elle un excellent goûter.

Randonnée pédestre


Le parcours sur IGN-Rando : Blesle-Plateau du Gris

* Comble de malchance, son fils Toon, très impliqué dans la vie sociale blesloise, devait lui-même mourir prématurément six mois plus tard le 3/4/2025.

Lundi 26 mai 2025

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