Depuis l’annonce de la fermeture du CADA via la presse et des courriers des services de l’état à l’OFII, mais rien d’officiel de la part du préfet, La LOCO est entrée en résistance. Aucun contact avec La LOCO en amont et après ces annonces de la part du préfet. Comme si le travail d’insertion et la paix sociale qui en résulte ne comptent pas. Il est vrai qu’à force de regarder des chiffres, certains peuvent en oublier les personnes.
Pourquoi entrer en résistance ? Déjà parce que la proximité avec les demandeurs d’asile et les réfugiés a renforcé notre humanité et que nous savons que cette décision entraîne des conséquences dramatiques sur eux. Eux qui sont encore au CADA et qui se demandent ce qu’ils vont devenir. Un coup de plus à leur mal-être. Eux qui sont sous les ponts en attente d’un toit pour pouvoir présenter sereinement leur demande d’asile.
La LOCO est entrée en résistance, elle souhaite également que d’autres soient du voyage. C’est la raison pour laquelle elle a proposé la réunion publique du 13 mars ‘NON A LA FERMETURE DU CADA’ !
Les membres de La LOCO ont donc investi la salle polyvalente de Saint-Beauzire dès 17h. Anne Lena, Lucas et Patrick, les premiers, pour préparer la salle : mise en place des chaises, de la table pour les signatures de la pétition, affichage des panneaux qui se couvriront au cours de la soirées des noms de ceux qui souhaitent participer activement à la préparations des autres temps forts de cette lutte.
Même si les membres de la LOCO pensent que leur action est justifiée, il en reste que pour confirmer leur conviction, il faut que d’autres répondent les rejoignent.
Petit à petit, la porte de la salle polyvalente de Saint-Beauzire s’ouvrait pour permettre aux habitants du territoire d’entrer. Et il y avait de plus en plus de monde au point qu’il a fallu doubler le nombre de chaises pour que chacun puisse prendre place.
Didier

A 18h 15, Jean-Paul, président de La LOCO, a ouvert la réunion.
« Nous sommes La Loco, association indépendante, qui mène la lutte contre la fermeture du CADA. Nous ne sommes pas le CADA qui est une structure missionnée et du coup financée par l’état… »
Son intervention a repris des éléments mis sur le site de La LOCO :
Après Jean-Paul, Didier a présenté un historique de l’ouverture des structures d’accueil des demandeurs d’asile depuis 2015, du Centre d’Accueil et d’Orientation à un Centre d’Accueil de Demandeurs d’Asile.
« Contrairement à ce que l’on peut lire, Tout cela a été possible grâce à l’accord du conseil municipal de Saint-Beauzire en 2015… et à la participation dès la première semaine d’habitants du territoire… »
En raison de la demande de l’agrément d’Espace de Vie Sociale à la CAF et de quelques autres difficultés, La LOCO est petit à petit sortie du CADA et s’est développée sur le territoire. La LOCO, sur le territoire, a soutenu le développement de la rencontre des résidents du CADA avec les habitants.
Nous pouvons donc dire que la présence des demandeurs d’asile a été un bienfait pour le territoire.
Intérêt économique du CADA pour le territoire :
Des salariés qui en majorité habitent le territoire,
Des résidents du CADA qui habitent et dépensent l’ADA (200€ par mois) sur le territoire dans les supermarchés etc.
Les demandeurs d’asile, des acteurs sur le territoire :
La LOCO, ce ne sont plus des bénévoles et habitants qui viennent aider les migrants. Mais ce sont ces derniers qui participent à la vie de la cité et proposent leur aide pour un plus sur le territoire. L’arroseur arrosé ! L’aidant aidé ! | La Loco
Ensuite, Jean-Paul a repris la parole pour présenter les 3 groupes d’action qui vont organiser la lutte:
1er groupe : défense = rassemblement, manifestation, dispositifs sonores, etc. contre la fermeture du CADA à Brioude, au Puy, avec Yssingeaux et plus globalement contre les restrictions de l’hébergement des demandeurs d’asile.
2e groupe : défense = juridique et administratif ; rechercher des failles pour mener une attaque juridique contre la fermeture.
3e groupe : attaque = quel avenir pour le site ? Comment un groupement d’association peut investir les lieux ?
Les trois axes d’actions avancent ensemble et sont tous les trois urgents. Les personnes qui souhaitaient participer à l’un ou l’autre de ces trois axes étaient conviées à s’inscrire sur les panneaux.
Puis ce fut le temps des questions auxquelles La Loco et la directrice du CADA ont répondu dans la mesure du possible étant donné que nous disposons de peu d’informations officielles.
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Que deviendront les demandeurs d’asile du CADA de Saint-Beauzire ?
Ils sont déplacés dans d'autres CADA et HUDA de la région par l’OFII. D’ailleurs leur déplacement commence maintenant. Déjà 30 personnes ont eu une lettre de l’OFII annonçant leur nouvelle affectation.
Et pour chaque demandeur d’asile du CADA de Saint-Beauzire placé dans un CADA de la région un nouvel arrivé reste dans la rue !
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Est-ce que nous pouvons stopper le déplacement des familles en faisant blocage ?
La directrice du CADA répond au nom de tous les travailleurs du CADA que ceci n’est pas souhaitable car les personnes sont déjà fragilisées et un tel blocage pourrait les traumatiser davantage.
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La Fédération Léo Lagrange, acteur national, peut-elle défendre le CADA ?
Apparemment Léo Lagrange a participé à des réunions avec la Préfecture en amont de la décision et n’a pas pu défendre le site.
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Pour un recours légal il faut des avocats. Pourrions-nous mettre en place une cagnotte pour financer l’avocat ?
Bonne idée. De plus, quelques personnes présentes ont le savoir-faire pour faire une cagnotte en ligne et vont s’occuper de cela.
Nous avons fini par lire le texte de la pétition. Vous trouverez la pétition à imprimer sur ce lien, en pied de page ou en une du site et à faire signer à votre entourage.
La réunion a pris fin, mais les personnes présentes ont pris le temps de poursuivre en échangeant les uns avec les autres.
Une prochaine réunion publique pour faire part de l’avancement de chacune des commissions aura lieu le jeudi 27 mars à 18h.
Merci à tous !