Dimanche de randonnée à Grenier

Marie-Claude avait eu beau m'assurer, promis-juré, qu'il n'y aurait pas une seule goutte de pluie, je suis resté, vu le ciel couvert, pendant toute la randonnée, circonspect en lorgnant à maintes reprises les nuées menaçantes. J'avais mis, sans rien dire, dans mon sac quelques capes de pluies et K-Way® au cas où...
Et Marie-Claude avait raison: pas une seule goutte de pluie durant cette randonnée depuis le départ à 10h jusqu'au retour à 18h.

Pour ce Thé & Café de Juin, nous avions décidé de faire une randonnée. Un Thé & Café itinérant, donc.

Après avoir déposé nos troupes au départ à Grenier puis laissé le minibus avec, dans le coffre, toutes les provisions du repas de midi à la Chapelle Sainte-Madeleine, nous voilà prêts à partir.
Juste le temps de faire une photo pour se rendre compte que nous sommes treize et qu'aucun dicton n'a encore décrété que contrairement à la table, la randonnée à treize porte malheur. En plus c'est même pas vrai, parce qu'il ne faut pas oublier le photographe, ce tiers invisible - qui se trouve être aussi le narrateur. Donc quatorze. Tout va bien.

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Où se cache le quatorzième? Derrière l'appareil photo!

On met les voiles vers le Sud! Bon, vers Massiac en fait, pas vraiment les tropiques.
Le chemin longe la ligne de chemin de fer jusqu'à Vialle-Chalet. On rappelle à certains, tentés par la marche sur la voie ferrée que c'est interdit et peut être dangereux. Quelques instants plus tard, notre mise en garde est confirmée par le passage d'un TER.

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C'est pas un TGV peut-être, mais c'est quand même vachement dur à prendre en photo...

Après le village de Vialle-Chalet à l'entrée de Massiac, commence l'ascension vers Chalet et la Chapelle Sainte-Madeleine. Un peu sportif aux dires de Mireille, certes mais c'est quand même pas l'Éverest : 200 mètres de dénivelé (voir sur IGN-Rando le détail de la randonnée). Arrivés sur le plateau de Chalet, nous sommes accueillis - et encouragés? - pas un troupeau de vaches (Aubrac si je ne m'abuse) qui se prêtent à une séance-photos de bonne grâce.

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Nous retrouvons là aussi notre minibus et pouvons y récupérer les victuailles pour aller pique-niquer près de la Chapelle Sainte-Madeleine. Là-bas, trois randonneurs sont déjà là à saucissonner (il y a très peu de synonymes au verbe pique-niquer, je me permets cette licence poétique). Mais il y a suffisamment d'espace. Pas besoin de se battre. Par la suite, nous fraterniserons même autour des abondants gâteaux confectionnés par Thérèse, Mireille et Marie-Claude.

Chapelle

La chapelle Sainte-Madeleine est perchée sur un éperon rocheux qui domine la vallée de l'Allagnon et donc le bourg de Massiac. C'est une magnifique chapelle romane du XIIème siècle, classée Monument Historique.  Elle reste ouverte aux visiteurs et à l'intérieur on y trouve un "livre d'or", où chacun peut y laisser un mot, un vœu, une pensée etc. J'ai vu quelques uns de nos résidents y écrire quelque chose. Je n'ai pas eu l'indiscrétion d'y aller voir.

La chapelle Sainte-Madeleine, suspendue au dessus d'un vide de près de 200 mètres, à son pendant de l'autre côté de la vallée de l'Allagnon sur le massif du Cézallier: la Chapelle Saint-Victor.

L'humain est toujours tenté au bord du ravin, de s'approcher et de regarder en bas. Je pense que cela caractérise l'espèce. Et pendant que s'approchent du vide les plus téméraires, les autres en retrait s'inquiètent et s'alarment à l'idée d'une chute fatale. Ça n'a pas manqué, comme nous pique-niquions dans cet espace au bord de la falaise, à chaque fois que quelqu'un s'approchait du bord, l'inquiétude montait.

Mais bon, qu'on se rassure, on n'a perdu personne et même si sur la "photo de famille devant la chapelle" ci-dessous, il n'y a plus que neuf personnes (dix avec le "tiers invisible"), les quatre manquants sont partis faire un tour sur le plateau, loin donc du précipice.

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Chapelle

 

Chapelle
A. et un de nos voisins de pique-nique

D'apporter auparavant sur place les victuailles en minibus plutôt que dans nos sacs à dos, nous a permis de pique-niquer d'abondance.
Quelque peu honteux de faire bombance à côté des trois randonneurs dont nous avions troublé la tranquillité, nous les avons invités à partager notre repas. Après quelques refus polis, ils ont cédé pour les desserts. 
Il faut dire qu'il y avait le choix. Entre les gâteaux de Thérèse (tarte au fromage, spécialité des Deux-Sèvres et gâteau Pomme-Miel), le gâteau aux pêches parfumé à l'orange de Mireille, la tarte à la rubarbe de Marie-Claude, on ne savait où donner des papilles. Ce n'était plus un pique-nique mais un banquet. Et nos voisins randonneurs se sont joints au banquet.

Et comme clou du banquet, nous avons eu droit de la part de Thérèse à la lecture de quelques uns de ces poèmes. Je vous rappelle qu'elle sera présente le samedi 29/6 à Lavaudieu au Festi'Valdéen à 16h30 (juste après notre groupe de musique "la Loco" qui se produira à 15h30)

Ce qui fait le sel des randonnées comme des pique-niques, c'est que dans ces moments se délient les langues. La marche et le repas quand ils sont faits et pris en commun favorisent les échanges.
Ainsi, alors qu'en découvrant que le toit de la chapelle était en lauze, on se demandait de quel type de roche étaient constituées ces lauzes et alors que nous remontaient lentement en mémoire quelques mots (quartz, feldspaths mica) de nos anciens cours de SVT, M.D. qui vient de Guinée Konakry, est intervenu et s'est révélé être un expert en géologie. Après nous avoir parler de schiste et de granite, il nous a fait un cours sur l'extraction et l'exploitation de la bauxite dans son pays.

Plus loin dans la randonnée, j'aurai avec Mohammed M, (dont j'avais déjà apprécié la conversation pendant la randonnée de la fête des jardins) un long débat mélangeant le français et l'anglais, hésitant entre géo-politique et philosophie, empruntant tant à Machiavel qu'à Spinoza.

Après avoir pris un petit café préparé par Mireille qui avait pensé à prendre son petit réchaud, nous avons rangé armes et bagages, remisé l'ensemble dans le mini-bus et avons continué notre randonnée. En passant près de l'aire de repos de l'autoroute et intrigués par l'inscription "Aire archéologique de Chalet", certains ont voulu y faire une halte, mais je crois savoir qu'il n'y ont pas appris grand chose. 

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Nous sommes redescendus en suivant le "ruisseau du chemin de Massiac" vers la vallée de la Violette. Arrivés à Montgon, nous avons gravi le versant opposé où se trouvent les ruines d'un château datant du XVème siècle et avons longé la vallée à flanc de côteaux jusqu'à Grenier. 

Il ne nous restait plus qu'à récupérer le mini-bus, à rentrer à Saint-Beauzire et nous auto-congratuler pour cette excellente journée (sans une seule goutte de pluie, merci Marie-Claude)

carte randonnée
Dimanche 16 juin 2024

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