Il y a quelques semaines, le travail de La LOCO avait été reconnu par une juge de la CNDA (Une juge de la CNDA souligne l'importance du travail des bénévoles de La Loco | La Loco). Aujourd’hui, Walid, un ancien résident du CADA de Saint-Beauzire nous a écrit un petit mot pour remercier tous les bénévoles de La LOCO pour leur accueil et leur humanité.
La LOCO… quand la sécurité devient un nouveau nom pour la vie
Dans un petit village appelé Saint-Beauzire,
entouré de forêts comme si elles protégeaient les cœurs,
je suis arrivé en tant que réfugié...
Mais je n’étais pas perdu,
car il y avait une boussole : La LOCO.
Je ne parlais pas français,
mais j’ai trouvé là-bas une autre langue :
la langue de l’humanité,
du sourire, du partage, et d’un lieu où l’on se sent moins seul.
Je me suis porté volontaire avec La LOCO,
et bien que je ne maîtrisais pas la langue,
je n’étais pas étranger à l’esprit.
J’ai participé à des spectacles de théâtre,
et j’ai appris que l’art pouvait rassembler l’être humain,
transformer la douleur en une histoire racontée, non pour pleurer,
mais pour guérir.
Sur scène, je n’étais pas un réfugié...
j’étais un être humain partageant ce qui restait de sa patrie
avec sa voix, ses gestes, et ses yeux pleins d’histoires.
Avec un bénévole de l’association qui a cru en moi,
sa gentille épouse,
et un autre couple qui m’ont toujours soutenu avec amour et bienveillance,
j’ai commencé à reconstruire mon cœur, doucement mais sûrement.
Ils m’ont aidé non seulement au quotidien…
mais à retrouver un sens,
en m’accompagnant dans la création d’une association qui porte mon nom, mon identité, et mes douleurs – mais d’une manière positive,
pour ne plus être prisonniers de l’exil…
mais pour en faire un pont vers la vie.
Merci La LOCO, merci à tous ses bénévoles,
car vous ne nous avez jamais vus comme des chiffres, ni comme des étrangers…
mais comme des âmes méritant une seconde chance.
Vous n’étiez pas qu’une organisation…
vous étiez une petite patrie (famille) alors que j’étais dans une grande solitude.