Réunion d'habitants « Futur de La Loco » du 26/6

Jeudi 26 juin, La LOCO avait convié les habitants, ses adhérents et bénévoles pour discuter ensemble de leurs envies et motivations et pour envisager ensemble le futur de la structure.
Ceux qui le souhaitaient, pouvaient venir dès le repas de midi. Un temps très convivial pour débuter le temps de partage qui a suivi, tout aussi convivial.

Anne Lena a remercié les personnes venues pour ce temps de réflexion sur l’avenir de La LOCO suite à la fermeture du CADA de Saint-Beauzire.
Ensuite elle a convié les personnes à prendre des post-it de couleurs différentes afin d’écrire dessus :

  • Pourquoi êtes-vous venus à La LOCO ? (Vert)
  • Ce que vous avez aimé ? (Bleu)
  • Comment envisager l’avenir de La LOCO ? (Jaune)
  • Des aspects négatifs (orange)
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Pourquoi êtes-vous venus à La LOCO ?
« Je venais pour aider les enfants dans l’apprentissage du français (aide aux devoirs, lecture, écriture…). »
« Je suis venue à La LOCO pour participer à des activités favorisant l’intégration des Demandeurs d’Asile. Mieux les connaître, en particulier les familles et enfants. »
« Pour l’humanisme des actions, la convivialité. »
« Sensibiliser aux droits des personnes déracinées. Je trouvais à La LOCO l’occasion de rencontrer chaleureusement des exilés. Leur tendre la main. Les intégrer à notre vie, à ma vie. La LOCO : ce lieu de multiculturalisme. »
« Pour rencontrer les réfugiés, certaines familles et pouvoir les aider. »
« Très touchée par les problèmes des réfugiés et étant avant tout humaniste, c’est ce qui m’a attirée à La LOCO. »
« Pour le contact avec les migrants. Pour connaître les différentes cultures. Pour les spectacles. »
« Je suis venue à La LOCO pour aider à l’atelier couture, aider à accueillir des personnes désirant reprendre leurs vêtements. J’avais envie de rencontrer les personnes exilées au cours de ces ateliers. »
« Connaître les Demandeurs d’Asile. »
« Rencontre avec les Demandeurs d’Asile, les bénévoles. Agir au niveau citoyen et politique. »
« Accueillir les réfugiés, les écouter, les aider. »
« Je venais à La LOCO vec le désir d’accueillir des personnes en grand danger dans leur pays. Le CAO, le CADA, La LOCO ont permis une ouverture pour nous. Le don de soi. Ce que nous pouvions apporter était largement gratifiant par tous ces partages et exemples donnés de courage, d’espérance. »
« Dans un premier temps, je venais pour signifier aux migrants que je souhaitais concrètement participer à leur accueil. Mais petit à petit, j’ai apprécié tout le travail qui consistait à faire se rencontrer les habitants. »
« La richesse des rencontres de gens de gens de plusieurs pays, d’avoir pu réaliser des ateliers musique et nous rassembler. Beaucoup de relations fortes. J’ai beaucoup reçu. »
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Ce que vous avez aimé à La LOCO ?
« J’ai aimé échanger avec ces personnes qui avaient des besoins. Avoir ces rendez-vous hebdomadaires. »
« La convivialité à travers les repas solidaires avec les demandeurs d’asile. Apprendre sur leur condition, sur l’exil et sur le droit. »
« L’ambiance, le partage, l’humanité… Les choses mises en place. »
« Belle amitié tournée pour les ‘autres’, vers autrui. Le dynamisme, la force, le courage et la constance. »
« La solidarité, l’impression d’être utile, le partage, l’Humanisme, les rencontres et l’ambiance. »
« Être présent avec les réfugiés. Sortir du CADA pour les accompagner dans diverses démarches. »
« Les rencontres, les animations avec les réfugiés et réaliser des projets avec eux. »
« J’ai aimé voir l’évolution des bénévoles pour animer diverses activités. De plus, animer des acticités permettait de mieux connaitre les résidents du CADA. »
« La liberté d’action, la créativité (beaucoup d’activités dans tous les domaines. »
« L’ambiance, le contact avec les gens, le Festisol, les concerts avec Alain. »
« La chaleur de l’accueil et des liens créés. Le dynamisme et la gentillesse des encadrants (Anne Lena, Didier, Jean-Paul). La diversité des activités proposées. »
« La possibilité de réaliser ses projets. »
« Tous les cafés de partage. Créer la rencontre. »
« Le contact avec des enfants plein de vie et de bonne volonté pour apprendre. »
« Les cours de français, les animations pour les personnes isolées. »
« L’ambiance et les échanges avec les salariés et les bénévoles. »
« L’humain, une certaine solidarité, la beauté des gens dans le partage. »
« L’axe insertion, lien social, la découverte des personnes venues d’ailleurs (autre culture). »
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Comment envisager l’avenir de La LOCO ?
« Se rapprocher d’une ou plusieurs associations pour gérer certaines activités en commun. »
« Dans l’EVS, penser inclusion (des étrangers, des handicapés, etc) »
« Travailler sur l’histoire locale des villages. Les individus qui font un village. »
« Continuer une politique d’intégration. Apporter de la valeur humaine. »
« Continuer le partage et mettre en place un suivi pour les réfugiés qui ont leur statut. »
« Continuer les interventions à l’ADMR et mettre en place des animations. »
« Continuer le même genre d’activités avec des enfants ou adultes en cours d’intégration sur Brioude ou environs. »
« Trouver un projet pour garder le lieu. Pouvoir faire les travaux de rénovation. »
« J’aimerai continuer un atelier couture avec des personnes ayant besoin d’aide. »
« Persévérer dans les actions collectives. »
« Prêt à poursuivre diverses activités qui permettent aux habitants  de se rencontrer… Poursuivre le ‘Vivre Ensemble’ avec la LOCO’MOBILE, en lien avec les personnes âgées… »
« Aujourd’hui je suis un peu paumé et ne sais pas du tout si j’ai des attentes et lesquelles… »
« Garder cette force d’entraide, de fraternité sociale. Penser à toutes les personnes isolées. »
« Retrouver des migrants. Que la LOCO puisse continuer ses activités. Etendre des ateliers sur Brioude.. »
« Faire revenir des demandeurs d’Asile ou réfugiés. Elargir au mouvement citoyen. Favoriser les rencontres pour contrer le RN. »
« Je veux continuer La LOCO à Clermont-Ferrand avec les réfugiés. »
« Retrouver les habitants et poursuivre notre but. »
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Des aspects négatifs
« Le manque de coordination global : par exemple, je viens au CADA depuis 4 et 5 ans, il y a aujourd’hui plein de personnes dont je ne connais ni le prénom, ni les activités. »
« Manque de communication interne. »
« Mes limites géographiques : j’habite trop loin. »

À la suite de ces échanges, Didier a pris la parole pour présenter l’avenir possible de La LOCO en tant qu’Espace de Vie Sociale sur le Territoire :

Durant ses années auprès de la structure d’accueil, La LOCO a acquis des compétences :
- Des compétences autour de l’insertion des demandeurs d’Asile et des réfugiés,
- Des compétences auprès des habitants du territoire en proposant des animations pour soutenir la rencontre des habitants au sein du territoire.

Des compétences autour de l’insertion des demandeurs d’Asile et des réfugiés

Ces compétences, La LOCO veut les mettre au service des réfugiés. Ces demandeurs d’Asile qui ont obtenu le statut de réfugiés. Comment ? En poursuivant le travail qu’elle effectuait. Depuis des années, des bénévoles de La LOCO prennent du temps pour soutenir leur insertion et les accompagner dans les démarches administratives.

Certes des services du département ou d’état ont la charge de cela, mais il faut reconnaître que dans certains lieux, obtenir un rendez-vous avec les assistants sociaux de secteur est long. Mais les bénévoles ne veulent pas prendre la place des professionnels. Ils veulent avant tout être présents et être des facilitateurs auprès des services départementaux ou d’état.

Des bénévoles sont présents pour aider à la réunification familiale, au regroupement familial, pour les accompagner à des rendez-vous à la CAF, CPAM, banque, auto-école, logement, entreprises, …

« Depuis que je suis à Clermont, je n’ai pas parlé avec un seul français ! » … Cette phrase les bénévoles de La LOCO l’ont très souvent entendue. 

  • C’est pourquoi La LOCO a développé des animations en direction de réfugiés sortis sur les villes du Puy-en-Velay et de Clermont-Ferrand (voir ici ou ).
  • Sur la ville du Puy, des bénévoles aident à l’apprentissage du français, du code de la route, et l’accompagnement du quotidien sur un logement, la CAF, la CPAM ou la banque.
  • À Clermont-Ferrand, plusieurs réfugiés Afghans jouent au cricket (voir ici ou ). En partenariat avec l’Union régionale Sportive Léo Lagrange à laquelle elle est affiliée, La LOCO souhaite les accompagner en s’appuyant sur le sport.

Des compétences auprès des habitants du territoire en proposant des animations pour soutenir la rencontre des habitants au sein du territoire

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La LOCO depuis plusieurs années, en favorisant la rencontre entre les habitants participe à impulser du Vivre Ensemble sur ce territoire à travers plusieurs animations. Depuis 2024, La LOCO constate que de plus en plus d’habitants participent, ce qui prouvent que cela répond à un besoin des habitants.

Contrairement à l’idée reçue, le lien social en monde rural n’est pas toujours évident. L’éclatement géographique, l’absence de service dans certaines communes, les conditions climatiques concourent à l’isolement de certains. Participer à faire de ce Territoire un lieu où il fait bon vivre, c’est soutenir le lien social des habitants à travers des actions qui permettent aux habitants de se retrouver et de créer du lien. C’est aussi mettre en œuvre des actions qui favorisent le rapprochement géographique.

Soutenir des lieux de rencontre entre les habitants.

À la suite de plusieurs entretiens avec des élus, nous avons décidé de développer des lieux de rencontre sur le territoire. L’objectif est de soutenir la rencontre entre les habitants à travers diverses actions:

  • Un buffet de la gare
  • La LOCO-Mobile sur le territoire

La démarche espère, d’une part, impliquer les élus et les habitants et, d’autre part, permettre d’initier un projet environnemental adapté aux envies et problématiques locales. La LOCO souhaite poursuivre ce travail de cohésion sociale. Le partenariat de la LOCO avec de nombreuses associations locales soutient l’implication des habitants tout au long de l’année aux temps forts qui y sont vécus.

Travailler avec les habitants et les associations du territoire est la source de la réussite de l’action de la LOCO. Travailler à plusieurs sur des projets nous semble novateur et mobilisateur. Plusieurs habitants, responsables d’associations et élus soutiennent ce travail en partenariat.

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Communes Rurales mais DYNAMIQUES!

Pour donner suite au diagnostic réalisé sur ce territoire en ZRR, nous faisons un premier constat : répondre aux spécificités de ces communes, notamment en réunissant les forces vives de ces villages, les habitants, autour de projets concrets, locaux et collectifs.

La démarche a donc été réfléchie et mise en place pour répondre aux réalités de ces petites communes : peu de moyens, et notamment peu de personnel, mais quelques élus et des habitants prêts à s’investir pour leur village !

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« Que va devenir le vestiaire ? »
Pourquoi ne pas mettre en place des ateliers de création à partir des vêtements avec des personnes en lien avec les associations caritatives et d’autres personnes du territoire ? »

« Je suis venue à La LOCO pour aider à l’atelier couture, aider à accueillir des personnes désirant reprendre leurs vêtements. J’avais envie de rencontrer les personnes exilées au cours de ces ateliers. »
Damienne

Les cours de code de la route, par exemple, pourront se poursuivre auprès des publics du territoire. Il y a de nouveaux panneaux…

« Dans les cours de Code de la route, il y a une dimension écologique et des notions autour de ce qui est informatique dans les nouveaux modèles de voiture. »
Dominique
« Lors du dernier conseil d’école de Saint-Beauzire, l’équipe éducative souhaite créer un jardin. Les bénévoles de La LOCO pourraient partager leurs savoir-faire avec les enfants. »
Didier
« Est-ce que l’aide aux devoirs pourraient se faire auprès des enfants des écoles du territoire ? »
Marie

Ensuite la parole a été donné à Jean-Paul pour présenter la réflexion du collectif ‘CADA VIVRA’ autour de l’avenir possible du site de Saint-Beauzire.

L'avenir de la lutte "Cada Vivra" et l'avenir du site

Depuis la fermeture annoncée du Cada en mars et après la formation d'un collectif de lutte lors de la réunion publique du 13 mars, nous avons lutté, manifesté, rencontré divers interlocuteurs (Préfecture, sous-Préfecture, Communauté de Communes, le Député, l'opérateur Léo Lagrange) et fait de multiples réunions. Au fur et à mesure de ces rencontres, nous avons pu asseoir une réalité : les 10 ans de présence des demandeurs d’asile sur le territoire, leur participation à la vie locale, les interactions avec les habitants, les bénévoles et les associations avait constitué une expérience d’une grande richesse pour le territoire. C’est donc forts de cette certitude que nous sommes passés d’une position défensive à une phase plus constructive. En restant bien fermes sur le fait que ce nous voulions rester un territoire accueillant aux exilés.

Les exilés (demandeurs d’asile, réfugiés, déboutés)

Le statut de demandeur d’asile est transitoire. Selon que l’Ofpra (ou la CNDA en recours) juge la demande d’asile justifiée ou non, le demandeur d’asile devient réfugié ou débouté.
Jusqu’à présent, nous — la Loco et les autres associations — avions à faire avec les exilés pendant leur période de demande d’asile. C’est le Cada et ses travailleurs sociaux qui les accueillaient, les hébergeaient et traitaient leur demande d’asile.
En tant que bénévoles de la Loco ayant signé une convention avec le Cada, nous donnions des cours de français, organisions différentes activités et animations et faisions participer les demandeurs d’asile au tissu associatif local. Nous pouvions intervenir dans certains cas comme soutiens pour préparer les demandeurs d’asile au passage à l’Ofpra et à la CNDA.

Aujourd’hui, puisque l’Etat a décidé qu’il n’y aurait plus de CADA sur le Brivadois, si nous voulons la présence d’exilés sur ce territoire, nous avons plusieurs options:

  • Œuvrer auprès des réfugiés (ou bénéficiaires de la protection subsidiaire)
  • Œuvrer auprès des déboutés
    • dans l’illégalité (Collectifs de soutien)
    • dans la légalité (les OACAS)

Ces options, que nous allons détailler ci-dessous, sont non exclusives entre elles et peuvent être mixées dans notre projet

1 - Œuvrer auprès des Réfugiés (ou bénéficiaires de la protection subsidiaire)

C’est le domaine des CPH (Centre Provisoire d’Hébergement) qui vise l’intégration des réfugiés.
Leurs missions sont l’accueil et l’hébergement, l’accompagnement administratif et juridique, sanitaire et social, linguistique, vers l’emploi et la formation professionnelle, etc.
Pour créer des places de CPH, il faut répondre aux appels à projets de l'Etat et répondre aux conditions d'accueil et d'hébergement ainsi que disposer d'un encadrement adéquat (1 ETP pour 10 personnes accueillies).

2 – Œuvrer auprès des Déboutés
21 – dans l’illégalité (Collectifs de soutien)

Un peu partout en France se sont créés des Collectifs pour porter assistance aux déboutés du droit d’asile. C’est le cas du Comité de Soutien du Bassin Minier sur Ste-Florine / Brassac. Du fait de la menace pendante d’expulsion des déboutés, il faut être vigilant et prêt à se mobiliser en cas d’exécution de cette menace. D’autre part, il vaut mieux être situé dans un environnement protecteur (être soutenu par les municipalités, les élus), ce qui n'est pas trop notre cas, c'est pourquoi, pour le moment nous n'avons pas poursuivi dans cette direction.

22 – dans la légalité (les OACAS)

Le statut juridique OACAS (Organismes d’Accueil Communautaire et d’Activités Solidaires) a été créé par la loi du 1er décembre 2008 généralisant le RSA et réformant les politiques d’insertion à l’initiative de Martin HIRSCH. Il donnait un statut officiel aux communautés Emmaus.
Un amendement à la loi asile et immigration de 2018 dit Amendement Emmaus donne aux OACAS la possibilité de mettre à l’abri des déboutés du droit d’asile et peut leur permettre au bout de trois ans d’activité ininterrompue dans un OACAS de demander la régularisation de leur situation auprès de la Préfecture.

Les OACAS accueillent des personnes en situation de précarité, dans un objectif d’insertion sociale et professionnelle :

  • les personnes sont accueillies dans le cadre de règles de vie communautaires ;
  • les personnes participent à une activité dans le champ de l’économie solidaire, mais n’ont pas le statut de salarié.
  • les personnes accueillies ont la garantie :
    • d’un hébergement décent ;
    • d’un soutien personnel et d'un accompagnement social adapté à leurs besoins ;
    • d’un soutien financier assurant des conditions de vie digne.

Les principaux réseaux OACAS sont « Les Lieux à Vivre », « Aux captifs, la libération » et Emmaus. Nous avons déjà pris contact avec le réseau Emmaus France qui se dit prêt à nous conseiller et nous soutenir dans l'obtention de l'agrément.

Et maintenant ?

Ces pistes énoncées ci-dessus — mais aussi d'autres idées exprimées lors de l'Atelier "Futur du Site" lors la journée mondiale des réfugiés — sont liées au site de St-Beauzire et à la volonté de Léo Lagrange de nous suivre ou pas dans notre démarche et à quelles conditions. Nous devons présenter un avant-projet pour les convaincre.

Au nom du Collectif CadaVivra, nous vous invitons à la réunion du 4 juillet à 20h à la Loco. Il s'agit de discuter de l'avenir de notre lutte et de l'avenir du site, de nous compter et de savoir quelles sont les personnes et les associations prêtes à s'engager vraiment dans cette phase constructive de la lutte.

Nous vous y attendons nombreux


L’après-midi s’est terminée autour d’un thé glacé confectionné par Anne Lena et quelques friandises. Cela venant confirmer ce qui a été partagé par plusieurs des personnes. « L’ambiance et les échanges avec les salariés et les bénévoles. »

Vendredi 27 juin 2025

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