A. est arrivé au CADA Léo Lagrange de Saint-Beauzire. Il vient du Burundi et demande l’asile en France. Dans son pays, il était chanteur et chorégraphe. Son seul bagage est culturel. Mais un sacré bagage !
Il est adhérent à La LOCO. Pour les membres de l’Association, l’accès à la culture et la participation à des activités culturelles ont un rôle important à jouer dans le processus d’intégration, du côté de la personne migrante comme du territoire d’accueil, créant ainsi un espace de rencontre et de partage.
Alors qu’il faisait connaître ses compétences à la coordinatrice de La LOCO à travers un vidéo-clip d'une de ses prestations tourné dans son pays (voir ci-dessus), A. a été invité à mettre en place un atelier danse avec d’autres résidents du CADA. De là, un bénévole, membre du Conseil d’école de Saint-Beauzire a proposé à l’équipe pédagogique des interventions par A. auprès des enfants. Les enseignantes ont été favorables à ces interventions qui entraient dans leur projet. De plus, cette école accueille les enfants des familles du CADA. Faire intervenir des adultes du CADA pour transférer leurs compétences est important pour l’équipe pédagogique. Cela peut permettre aux enfants et parents de l’école de se rendre compte que les demandeurs d’asile ont des compétences à partager. Le champ culturel leur paraît un bon vecteur pour nourrir le débat et combattre les préjugés. Déjà, en 2023, l’équipe pédagogique avait accueilli Walid, un marionnettiste Syrien Marionnettes à l'école de Saint-Beauzire.
Jusqu’à Noel A. animait, au sein de l’école publique de Saint-Beauzire en Haute-Loire, une heure de danse avec les petits puis avec les grands les vendredis matin. Educateur de danse pour enfants dans son pays, A. a fait preuve d’un vrai professionnalisme. Echauffement, décomposition des gestes, adaptation aux niveaux de motricité … A. a choisi d’enseigner aux enfants la danse des pêcheurs : une danse rythmique qui reprend les gestes de la pêche comme lancer le fil, ramer, tirer le filet etc. Une danse traditionnelle du Burundi. Atelier de danse burundaise avec A.
Permettre aux personnes qui résident au CADA d’enseigner leur art au sein des écoles ou des Accueils de Loisirs contribue à les intégrer au sein de notre société. Pour les membres de La LOCO, la communication via des moyens artistiques permet de « sortir de la cristallisation des débats », en proposant une approche autre que celle proposée par les médias généralistes.
La LOCO participe à mobiliser les bienfaits d’une ouverture culturelle : enrichissement personnel, restauration de l’estime de soi, facilitation de la rencontre, levier d’expression. Elle propose aux résidents du CADA, via les bénévoles qui les accompagnent, de participer à la pratique culturelle et de bénéficier de visites de musées. Ces actions participent et accompagnent les réfugiés dans l’apprentissage du français au travers de la découverte de la culture de leur pays d’accueil.