Expo-Témoignage de Salah sur la guerre en Syrie

Le vendredi 17 novembre, dans le cadre du Festival des Solidarités, une conférence était organisée par La Loco en lien avec le Comité Brivadois de Soutien aux Opprimés (CBSO) tous deux membres du collectif Solidarité en brivadois.

Cette conférence se déroulait dans le bâtiment de l’Instruction à Brioude et était animée par le journaliste syrien Salah Ramadan, membre de La loco ayant séjourné au CADA de Saint-Beauzire jusqu’à l’obtention du statut de réfugié lui assurant la protection de la France l’an passé.

Pour l’occasion, l’exposition de photos intitulée « Derrière chaque image se cache une histoire de douleur » était installée. A travers des photos de presse, prises en Syrie par Salah et ses collègues, le jeune journaliste y témoigne de son expérience de la guerre en Syrie, et des événements qui l'ont amené à fuir le pays. 

Vers 19h, Michel du CBSO, Joseph et Vincent (membres de La Loco) se sont retrouvés pour la mise en place de la salle en vue de l’accueil des participants prévue à partir de 20h. Après quelques minutes de mise en place informatique laborieuse, la conférence pouvait commencer pour la trentaine de personnes ayant répondu à l’appel.

Expo-Salah


Salah, en guise d’introduction, lisait devant l’assemblée dans un français tout à fait clair une petite présentation de lui-même, de son parcours et de sa démarche.

Salah venait de débuter ses études supérieures lorsque le printemps arabe s’est emparé du peuple syrien. Rapidement il n’a pas pu poursuivre dans sa voie et souhaitant s’engager, il est devenu journaliste et photographe pour témoigner de ce qui se passait, de cet élan porteur d’espoir puis de la répression sans pitié qui l'a suivi.

Dans un second temps, une présentation retraçait les évènements plongeant la Syrie dans la guerre civile et illustrant la répression,  brutale et démesurée, perpétrée par le régime de Bashar-el-Assad, à l’aspiration de son peuple à la démocratie et à des conditions de vie dignes. Le journaliste dénonce notamment l’utilisation d’armes chimiques contre la population ayant engendré des milliers de morts et plus encore de blessés. Des photos choquantes témoignant des destructions et des sévices subis par des civils - parfois même des enfants - sont montrées. Deux d’entre eux sont nommés et des explications sont apportées sur l’« histoire de douleur » qui se cache derrière les photos de leurs corps meurtris.

Lecture est ensuite faite d’une lettre stipulant les objectifs et missions d’une association luttant contre l’utilisation des armes chimiques à laquelle le journaliste a adhèré.

L’un des participants fait remarquer que quelques jours auparavant, le 14 novembre 2023, un mandat d’arrêt a été émis par la justice française visant le président Assad pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre lors des attaques chimiques (commises en août 2013 dans le Ghouta oriental notamment), ceux-là mêmes dont Salah faisait état. Une information rappelant aux esprits une situation toujours dramatique mais occultée (comme bien d’autres) par la guerre en Ukraine elle-même reléguée au second plan par le conflit israélo-palestinien.

À la fin de la présentation, un temps était consacré aux questions des participants et aux échanges avec le journaliste concernant sa vie en Syrie, son engagement et ses conséquences, sa vie en France, mais aussi la situation syrienne actuelle. Ce fut l’occasion d’échange intéressants, d’interventions pertinentes de participants informés sur le conflit syrien. Ainsi étaient évoqués la spoliation des ressources pétrolières et gazeuses du pays au profit du gouvernement en lien avec des  acteurs internationaux de premier plan sans bénéfice pour la population syrienne, le profit engendré par l’aide humanitaire transmise et revendue par l’État à la population, les raisons nécessaires à l’exil pour éviter un destin comme celui de personnes que le journaliste a connu et qui ont disparu un jour et qui sont probablement enfermés quelque part ou mort pour avoir dénoncé les atrocités du régime, les difficultés et les risques pour communiquer avec sa famille, le commerce de la drogue passant par la Syrie et à destination de consommateurs occidentaux, etc.

De l’émotion comme souvent lors de cet exercice, car informer c’est accepter de réactiver les traumatismes, se confronter à la réalité de l’exil qui ne s’arrête pas avec l’obtention d’une protection internationale. Salah vit loin de sa famille, toujours en proie aux conséquences de la situation politique et économique qui frappent le pays, il essaie de reconstruire une vie stable qu’il a du mettre entre parenthèse il y a près de 12 ans, dans un pays qui rend difficile le transfert de ses compétences acquises en Syrie, dont il n’a pas encore fait suffisamment sienne la langue pour reprendre des études et trouver un emploi qui ait du sens.

Salah souhaite continuer son travail de sensibilisation et de nouvelles dates sont envisagées. Nous continuons à le soutenir et le remercions pour son implication à nos côtés.

Nous remercions Joseph, demandeur d’asile anglophone pour son aide à la traduction ainsi que Corinne qui a accompagné Salah pour cet évènement, Michel pour sa contribution précieuse, les participants qui par leur présence soutiennent ce travail de sensibilisation que porte La Loco ainsi que toutes les personnes qui ont permis et favorisé sa préparation et sa mise en œuvre.

Jeudi 30 novembre 2023

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