Pendant qu'à quelques kilomètres de là, canicule oblige, la forêt brûlait encore dans le Haut-Allier, nous nous apprêtions, ce dimanche matin, à partir à la suite d'Emmanuel Mappus pour une balade contée autour des Bordes de Saint-Beauzire. Et justement, comme le thème de cette balade contée était la forêt, son parcours traversait la forêt (en fait plutôt des sous-bois) qui jouxte le village des Bordes.
Ah, la forêt et tous les contes, légendes, mythes qui y sont liés! En plus, dans la troupe qui s'apprêtait à pénétrer la forêt profonde (on ne dit pas sous-bois profonds), il y avait deux allemandes. Et quand on sait l'importance de la forêt dans la culture germanique... nous y reviendrons plus loin.
Nous n'avions pas pris de petits cailloux pour semer derrière nous, pour, à toutes fins utiles, retrouver notre chemin. Anne-Lena et Emmanuel avait bien repéré les lieux. Le périple n'était pas non plus très long (2,4km) et ne risquions guère de mauvaises rencontres (sorcière, ogre, loup...).
À l'occasion de plusieurs stations dans la traversée de la forêt (sous-bois, ok mais bon un peu d'imagination ne fait pas de mal), Emmanuel nous racontait un conte ("Petit-Jean et la meunière", "L'Orme, la mémoire du monde et les oiseaux" etc.) ou bien chantait une chanson accompagné de son ukulélé. Après quoi nous repartions et il nous précédait en jouant de cet instrument circulaire mystérieux qu'il appelle Gaspard (en fait, il s'agit d'un Hang ou Handpan). Nous avions l'air d'enfants suivant le joueur de flute de Hamelin.
Mais toute bonne chose a une fin et la forêt aussi. En sortant du bois nous retrouvâmes un soleil de plomb, et nous hâtâmes de retourner au village à l'ombre de la caravane.
À propos de nos deux allemandes et de la référence aux forêts teutonnes, je voulais juste faire la promotion de notre animation Kaffeeklatsch (oui je sais, c'est un peu tiré par les tresses) du lendemain lundi 26.
Mais c'est un peu tard, vu que cet article n'est publié que mercredi.
Si vous êtes un peu germaniste ou germanophone, le prochain Kaffeeklasch est le 27 juillet .
et rien que pour vous (et à la demande d'Anne-Lena) un poème de Goethe:
Über allen Gipfeln
Ist Ruh,
In allen Wipfeln
Spürest du
Kaum einen Hauch;
Die Vögelein schweigen im Walde.
Warte nur, balde
Ruhest du auch.
dont la meilleure traduction pourrait être:
Sur toutes les cimes,
Plus rien ne bouge,
Aux sommets des arbres,
Tu perçois à peine
Un souffle d’air.
Dans la forêt les oiseaux se sont tus.
Attends, bientôt,
Tu reposeras à ton tour.