Tandem au Puy et dans le Mézenc

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Mardi soir, en repartant de Saint Beauzire où j’ai donné un cours de Code le matin et un de français l’après-midi, je suis reparti pour le Puy. Sharagha et Bashar étaient avec moi dans la voiture.

Initialement, ils avaient accepté de venir pendant deux ou trois jours avec moi pour aller rentrer du bois chez Pierre, un de nos amis. A 80 ans, il ne peut plus empiler le bois que le marchand vient déverser sur le chemin qui mène à son garage. Cela fait trois ans maintenant, que certains demandeurs d’asile de Saint Beauzire viennent pour accomplir cette tâche avec moi. Ils empilent le bois avec moi, et en échange, ils sont nourris, logés… Cette fois-ci, le bois avait été rangé, et comme l’invitation avait été lancée, nous avons décidé de les recevoir à la maison.

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Au début du trajet, Sharagha me dit qu’il lui a été proposé de sortir du CADA pour le Puy. Il ajoute : « J’ai dit non ! Au Puy, il n’y a pas de bus, pas de train, pas de travail ! ». Avant d’arriver à la maison, nous traversons le centre-ville du Puy. Sharagha, voit qu’il y a du monde. Les forains se sont installés place du Breuil pour un mois. Il y a donc de l’animation en ces jours de vacances d’automne. Je m’amuse alors en lui montrant chaque bus et en l’amenant à la gare du Puy… « Au Puy, il y a des bus, des trains et sûrement du travail… ».

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Le lendemain, nous sommes montés à Chanteloube. Il n’y avait pas de bois à rentrer chez Pierre, mais il me fallait monter pour mettre mon mobil home hors gel. Sharagha connaissait Chanteloube. Il faisait parti des gars du CADA qui avaient participé au séjour du mois de juillet. Arrivé à Chanteloube, il a reconnu les lieux et a expliqué à Bashar ce qui s’était passé. En attendant que le mobil home se vide de son eau, ce qui prend du temps, nous sommes allés jusqu’au Mont Mézenc. Bashar est émerveillé par la vue qu’il y a. Une fois au col de la Croix de Peccata, je leur demande s’ils veulent monter au sommet du Mézenc. Ils veulent bien. Je leur donne donc rendez-vous et redescends sur Chanteloube pour finaliser la mise hors gel du Mobil home.

Très heureux d’être montés au sommet du Mézenc, nous redescendons sur le Puy en Velay.

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Le mercredi soir, je donne un cours de Code de la route dans le local ‘le Grin’ mis à disposition par Michèle B. Nous partons donc chercher Omar, un ancien résident du CADA qui habite le Puy en Velay. Depuis le début de la semaine, celui-ci, suit une formation au CACES. Il est très fatigué, mais veut bien participer au cours : « Tu viens me chercher, tu sais, je suis très fatigué ! ».

Le cours commence et peu de temps après, Samdjida, un autre ancien résident du CADA vient nous rejoindre. Aurait dû participer, Mustafa, qui depuis le début de la semaine a intégré une formation à l’AFPA de Blavosy. Il viendra les prochaines fois. Ce cours est également ouvert à d’autres jeunes rejoints par le FIT ou en lien avec des personnes qui s’occupent des mineurs non accompagnés.

Un des wagons de la LOCO est en gare du Puy !

Ce cours de Code a été l’occasion pour Sharagha et Bashar d’entendre parler français. « Au CADA, on parle beaucoup avec les autres afghans ! » me disait Sharagha. Ce qui est normal. Il est donc important qu’ils se retrouvent avec des français pour avancer dans l’apprentissage de cette langue.

Jeudi matin, lever à 10h30. Autant dire que nous n’avions plus le temps de descendre sur la Puy en Velay. Ce sera pour 13h30. Nous arrivons à la gare. Chacun d’eux demande un ticket de train pour Brioude : « Bonjour madame, je voudrai un billet de train pour Brioude ». L’accent fait comprendre Aurillac à la dame du guichet. Sharagha reprend et se fait comprendre. Ce sera un bus à 16h01. Bashar demande à son tour. Une fois les billets en poche nous nous dirigeons vers la fête foraine, place du Breuil.

La VOGUE, comme disent les ponots donne des couleurs à la ville du Puy et Bashar constate : « le Puy, grande ville ! »

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Un tour des différents stands au milieu des hurlements des jeunes sur les manèges à sensation. « Voulez-vous faire une partie de tir ? ». Suite à la réponse positive, Sharagha et Bashir prennent une carabine en main et visent les trois ballons fermés dans une cage.

Une fois tous les plombs tirés, la récompense tombe. Sharagha choisit une montre. Il aura un souvenir de cet après-midi.

Un petit tour au Fer à Cheval, le parc qui ceinture la préfecture du Puy avant de rejoindre la gare pour prendre le bus. Mylène arrive pour leur dire au revoir et nous nous dirigeons vers notre nouvelle direction. En passant devant les bus, Sharagha et Bashar nous font des signes désespérés. Nous stoppons. Je descends de la voiture et me dirige vers eux. Le chauffeur du bus leur dit qu’à 16h01, c’est un train. Nous galopons vers la gare et voyons sur le panneau que c’est effectivement un train. Je vais vers la personne qui nous avait donné les billets pour lui dire notre mésaventure. Bref, nos deux compères se dirigent vers le quai n°C et montent dans le train. Philippe doit aller les chercher en gare de Brioude afin de rejoindre Saint Beauzire.

 

Samedi 30 octobre 2021